© Lauranne van Naemen

Te souviens-tu de ce que représentait ton tout premier dessin ?

Oh ! C’étaient des cercles et des lignes de toutes les couleurs pour représenter mon père. À l’époque, il travaillait dans une agence de publicité, ce dessin est devenu sa carte de visite.

 

Quelle formation as-tu suivie ?

Je portais une jupe plissée bleu marine et un col blanc bien repassé quand, adolescente, j’ai découvert le travail de Cy Twombly. C’était à la Vierge Fidèle. Nous n’étions qu’entre filles et les repas se prenaient encore parfois en compagnie des religieuses. Plus tard, à l’Erg (Ecole de Recherche Graphique), entre les néons de Bruce Nauman et les installations de Dan Graham, j'ai

appris à donner du sens. L’expérimentation était le maître mot ! J'ai eu deux éducations très complémentaires.

 

​Pourquoi dessines-tu au stylo Bic® ?

Pour sa finesse et sa pureté. Et pour son irréversibilité, aussi.

Et qu’est-ce qui nourrit ton travail ?

Je pratique l’escalade depuis longtemps…Observer le mouvement des corps suspendus au-dessus du vide, semblables à des chorégraphies aériennes, m’a toujours fasciné. Puis, il y a toutes ces matières; cette poudre blanche, ces objets métalliques, ces cordes multicolores, ces prises aux formes très variées... 

© Lauranne van Naemen

'Pourquoi le stylo Bic® ? Pour sa finesse et

sa pureté. Son irréversibilité aussi'

Les végétaux aussi représentent un réservoir à motifs inépuisable. Ils font écho à un souvenir de mon enfance...On a toujours eu un ficus à la maison. À chaque déménagement, il nous suivait. C'est un peu comme s'il avait grandit avec nous ! Etonnement, nous étions tous les quatre allergique. Seule maman pouvait approcher cet arbuste qui touchait presque le plafond !

Et puis, je travaille comme graphiste pour Gael Maison, un magazine de déco, d'architecture et de design. Composer une page est un exercice passionnant qui nourrit la réflexion que je mène au bout de mon bic ! Tous ces domaines se répondent et créent mon univers.

Combien de stylos Bic® utilises-tu pour réaliser un dessin ?

On me pose souvent cette question. D'après le fabricant, l'encre d'un stylo Bic® peut couler plus de deux kilomètres avant de s'épuiser. On peut déjà voyager sur une feuille de papier !

Exposes-tu parfois ton travail ?

Oui ! Depuis 2014, j'expose mes dessins une à deux fois par an. Dans ma commune, lors du parcours d'artistes de Schaerbeek, mais aussi dans le centre-ville de Bruxelles. Je réponds également à des commandes pour des particuliers.

Quelle est l'étape que tu apprécies le plus dans la réalisation d'un dessin ?

Bizarrement, c'est peut-être celle où je m'en sépare ! Depuis quelques temps, j'ai instauré un nouveau rituel (à voir sur mon compte Instagram). Juste avant de remettre définitivement mon illustration, je choisis un lieu, un décor dans lequel prendre en photo mon travail. Un peu comme un dernier rendez-vous.

Récemment, nous avons partagé une glace chez Gaston, un excellent glacier artisanal situé près des anciens quais du quartier Sainte-Catherine, à Bruxelles.

© Lauranne van Naemen